QU'EST-CE QUE LA DÉPRESSION ?

Cette partie vous permettra de mieux comprendre cette maladie, comment la repérer et la différencier, et comment identifier ses signes annonciateurs.

COMMENT IDENTIFIER UNE DÉPRESSION ?

La dépression, ce n'est pas la déprime.

Il est très important de savoir différencier la dépression (qui est une maladie) de la « déprime » (qui est un état de souffrance passager). 

Si vous ratez vos examens ou si vous vous disputez avec votre moitié, il est tout à fait possible que vous soyez en mood « déprime », que vous n'alliez pas bien, que vous refusiez de parler, sortir ou dîner. Il est même possible, si la dispute avec votre moitié se transforme en rupture, que vous souffriez énormément, que vous passiez une nuit blanche et que vous pleuriez pendant plusieurs jours. 

Il faut bien comprendre que l'intensité de la souffrance ne suffit pas pour identifier une dépression ou un état pathologique, car dans certains cas, la situation de souffrance n'est pas pathologique mais au contraire normale. 

Pensez-y, qu'est ce qui serait le plus surprenant : que l'on pleure après l'annonce du décès d'un proche, ou que l'on vive les choses comme si rien ne s'était passé ? La souffrance psychique n'est donc pas à priori pathologique, elle peut être réactionnelle à une situation génératrice de souffrance : c'est ce qui fait qu'un deuil n'est pas nécessairement une dépression, et qu'une déprime n'est pas une dépression.

La dépression ne se réduisant donc pas au fait de se sentir triste ou de souffrir psychologiquement, elle doit être associée à une durée et à des états de souffrances spécifiques. 

Du coup, c'est quoi la dépression ?  

Deux étapes doivent être validées afin d'identifier une dépression. La première étape concerne la manifestation des symptômes, la deuxième concerne leur nature. 

La manifestation des symptômes 
  • Les symptômes d'un état dépressif doivent être présents durant une période de minimum 2 semaines, se manifester à un degré sévère et sans équivoque, et presque tous les jours.
  • Les symptômes doivent constituer un changement radical par rapport à la vie antérieure de l'individu (l'avant/après doit être marquant).
  • Les symptômes doivent provoquer une détresse significative et ne pas être liés à la consommation de drogues ou à une maladie organique.
La nature des symptômes

Au moins 2 des 3 symptômes majeurs suivants doivent se manifester : 

  • Une humeur dépressive, principalement caractérisée par une tristesse intense et permanente.
    La personne devient pessimiste, perd en estime de soi et manifeste des états de tristesse profonds.
  • Une perte d'intérêt ou de plaisir pour des activités habituellement agréables.
    La personne refuse et ne ressent aucun plaisir à faire des activités qui jusque là lui procuraient plaisir. La personne préférant l'inactivité et l'isolement à toute forme de d'activité.
  • Une perte d'énergie, de vitalité, et une augmentation de la fatigue.
    La personne semble sans cesse fatiguée, quelle que soit la nature de ses nuits, son corps semble fonctionner au ralenti.

Et au moins 2 de ces symptômes secondaires doivent être présents :

  • Une concentration et une attention réduites
    Du fait de la surcharge mentale que représente la dépression, une personne dépressive peut avoir beaucoup de mal à se concentrer, à écouter, à retenir des informations ou à fixer son attention sur des tâches particulières. Elle pourra soit avoir l'impression d'avoir la tête trop chargée pour se concentrer, soit au contraire sentir sa tête vide.
  • Présence d'idées noires et d'idées suicidaires
    Une personne dépressive peut, face aux conséquences de la dépression sur sa vie socio-professionnelle, développer des idées fatalistes : « ma vie ne sera plus jamais comme avant avec ce que j'ai perdu ». Elles ont une impression de ne pas pouvoir réorienter leur vie et de ne pas voir le bout du tunnel. Des idées suicidaires peuvent émerger, la personne doit alors impérativement être prise en charge par des professionnels spécialisés.
  • Perturbation du sommeil
    Les perturbations du sommeil peuvent aller dans les 2 sens. Certaines personnes dépressives peuvent être toujours fatiguées malgré des nuits de 10 heures de sommeil, d'autres seront toujours fatiguées suite à des nuits courtes, agitées, à horaires décalées.
  • Perturbation de l'appétit (diminution ou augmentation importante) avec ou sans modification pondérale
    Les personnes dépressives peuvent se réfugier dans la nourriture (le plus souvent sucrée du fait du plaisir qu'elles procurent) afin de trouver une consolation et un refuge. Mais elles peuvent aussi délaisser complètement la nourriture, sauter les repas, manger de manière déséquilibrée et négligée.
  • Sentiment injustifié et excessif de culpabilité et d'inutilité
    Beaucoup de personnes dépressives culpabilisent d'être dépressives, et culpabilisent quant aux conséquences de leur maladie dans leur vie quotidienne.
  • Perte de confiance en soi et d'estime de soi
    Les symptômes de la dépression, en affectant l'énergie, l'activité et les pensées de l'individu, finissent par bouleverser la vie quotidienne et donner une impression d'inutilité, une impression de ne servir à rien, de ne rien pouvoir accomplir de positif.
  • Ralentissement psychomoteur (perte d'énergie, ralentissement de l'activité,...) 
    La dépression entraîne une perte d'énergie qui progressivement modifie totalement le mode de vie de la personne dépressive. Des tâches quotidiennes anciennement exécutées sans problèmes deviennent des montagnes à franchir (prendre sa douche, faire la vaisselle, sortir les poubelles, répondre aux e-mails). La personne marche plus lentement, parle plus lentement, avec une voix monotone, elle semble vivre au ralenti. 

Y a t'il des signes précurseurs ?

Oui, il existe des signes précédent l'installation d'une dépression et les identifier permet de mettre en place les premiers ajustements et les premières démarches afin d'éviter l'aggravation des symptômes. 

Voici quelques uns des principaux signes qui sont observables et qui peuvent vous mettre la puce à l'oreille : 

  • Un changement significatif d'humeur (tristesse, pleurs sans motifs objectifs)
  • Une modification de l'appétit (diminution ou augmentation)
  • Une sensibilité excessive au bruit et à l'agitation (la personne a très souvent besoin de beaucoup de calme)
  • Une fatigue importante, un ralentissement des mouvements
  • Une irritabilité face à des situations normales
  • Une anxiété et un stress face à des situations habituellement normales
  • Une perte d'intérêt pour les activités habituellement exercées avec plaisir
  • Un sommeil qui perd en qualité
  • Une vie sexuelle altérée

Premier rappel : ces signes ont une importance s'ils sont soudains, récurrents, imposants, intenses et durables, et si vous avez le sentiment qu'ils sont plus forts que la volonté de l'individu ou de ses proches (si vous pensez ne rien pouvoir faire pour les atténuer). Autrement dit : pas de panique si vous en remarquez certains au grès des aléas de la vie, pensez toujours à la différence entre déprime, et dépression. 

Deuxième rappel : en cas de doute sur vous ou sur un proche, il est très important de vous rapprocher de professionnels de la santé (psychologues, psychiatres). Leurs conseils vous seront très utiles afin de prendre les meilleurs décisions, et le plus tôt possible afin de distinguer les signes d'une dépression des signes d'une tristesse non pathologique.

La dépression, pourquoi ça arrive ?

La dépression est une maladie nourrie par plusieurs dimensions : 

Une dimension psychologique 

Elle est liée à l'histoire de vie de la personne, son éducation, ses éventuels traumatismes, ses fragilités et forces, ou encore les défenses psychiques édifiées tout au long de la vie. 

Des épisodes de vie durant l'enfance (exposition à la violence, à la perte, à l’abandon), ou des épisodes de vie plus récents (deuil, perte, séparation) peuvent jouer un rôle dans la dépression en générant des fragilités et dispositions particulières. 

Des habitudes de vie, des comportements et des modes de pensée particuliers peuvent aussi être impliqués dans la dépression : une personne peut prendre l'habitude d'adopter des croyances négatives : être pessimiste, défaitiste, penser ne servir à rien, n'être capable de rien. 

Une dimension biologique 

La dépression est le signe d'un dysfonctionnement cérébral, une perturbation dans la transmission de neurotransmetteurs, elle est donc inévitablement liée à notre biologie. 

Mais attention : qui dit biologie ne veut pas dire « fatalité » ! Le fonctionnement de nos doigts est un fonctionnement biologique, mais nous gardons une grande marge de manœuvre pour augmenter leur musculature ou leur adresse, c'est précisément ce qui nous permet d'apprendre à jouer du piano ou de la guitare. Le cerveau est lui aussi un organe flexible, dont le fonctionnement peut être fondamentalement modifié par certains facteurs (maladies, épisode de vie, ressource sociales, psychothérapie, etc).

Une dimension liée à l'environnement 

Cette dimension est en lien avec la vie relationnelle, professionnelle, sociale et sentimentale de la personne, avec son cadre de vie et les ressources qu'elle peut tirer de son environnement. Une personne peut être entourée de personnes réconfortantes et douées de qualité d'échanges et d’écoute, ou au contraire être très peu entourée, ou vivre des relations stressantes et anxiogènes avec ses proches.

Quelle que soit l'importance et le rôle joué par l'une de ces dimensions dans l'histoire de la maladie, il ne faut jamais perdre de vue que quoi qu'il arrive, elles sont toutes plus ou moins importantes, et ont toutes un lien avec les causes de la maladie et assurément avec sa guérison. Il ne faut donc jamais totalement séparer les choses, mais toujours considérer l'individu (ainsi que sa guérison) dans une globalité incluant toutes les dimensions affectant sa vie (la dimension psychologique, biologique, environnementale). Séparer ou nier une dimension, c'est prendre le risque de déséquilibrer la vie de l'individu.

Et la dépression, ça arrive quand ?  

Certaines situations et périodes de la vie provoquent une vulnérabilité à la dépression car elles sont génératrices de souffrances. Ainsi, lorsque ces situations sont couplées avec des fragilités d'ordre psychologiques, biologiques ou environnementales, elles peuvent présenter des facteurs de risques d'entrée en dépression. 

Le deuil

Comme vu précédemment, la souffrance psychique qui accompagne un deuil, aussi grande soit-elle, et même si elle ressemble à un état dépressif, ne peut être qualifiée de pathologique si elle est réactionnelle à une perte importante pour l'individu. Le suivi avec un psychologue peut évidemment faire un grand bien durant cette période afin de permettre à la personne d'exprimer sa douleur et prendre du recul, mais ce suivi devient indispensable et nécessaire lorsque les symptômes du deuil persistent sur une longue durée (plus de 8 semaines), en étant envahissant, et en ayant une courbe d'évolution négative (soit ils stagnent, soit ils s'aggravent).

Le traumatisme 

Comme pour le deuil, un traumatisme, qu'il soit physique (accident, maladie), ou à la fois physique et psychologique (deuil, agressions, catastrophe naturelle), peut provoquer un état de souffrance réactionnelle. Le suivi d'un psychologue est préconisé pour ses périodes de difficultées, et devient indispensable si la souffrance se fige dans le temps et envahit la vie de l'individu.

La séparation

Les séparations amoureuses et divorces sont des situations à risques, la perte de l'être cher est vécu tel un deuil, des parties entières de la vie de l'individu (vie sexuelle, affective, sociale, familiale, quotidienne) sont soudainement perturbées, l'individu faisant face à une impression de vide génératrice de souffrance psychique. 

L'hiver

Durant l'hiver, la luminosité chute du fait du solstice, les journées sont plus courtes, et nous bénéficions donc moins des effets bénéfiques de la lumière sur notre cerveau. La baisse de l'ensoleillement hivernal augmenteraient les symptômes dépressifs chez 10 à 15% des personnes dépressives.

La maternité

Ceci n'est pas un baby blues qui disparaît de lui-même, mais une véritable dépression post-partum qui peut s'installer après l'accouchement.

Le licenciement

Un licenciement, surtout lorsqu'il est soudain et non anticipé à l'avance, peut entraîner d'importantes conséquences socio-professionnelles et matérielles, pouvant avoir des effets indésirables sur de nombreuses dimensions de la vie de l'individu, et générer des états de détresse pouvant mener à une dépression. 

Si vous ou un de vos proche vivez une période à risque, pensez à être attentif, sans que cela ne vous stress ou préoccupe outre mesure, aux signes précurseurs de la dépression évoqués plus haut, et n'hésitez pas à demander les conseils de professionnels de la santé. C'est ainsi que vous pourrez identifier une dépression avant qu'elle ne s'installe. 

La dépression ça dure longtemps ? Ça se guérit ?

La dépression peut durer de quelques semaines à quelques mois, mais peut aussi durer plusieurs années (on parle alors de « dépression chronique »). La durée de la dépression dépend de sa gravité, des ressources de l'individu pour y faire face, ou encore de l'usage de traitement psychothérapeutique.

La guérison d'une dépression est tout à fait possible, la rapidité et l'efficacité de la guérison dépend elle aussi de plusieurs facteurs : les causes de la dépression, les ressources internes de l'individu (son expérience, son vécu, ses forces), ses ressources externes (environnement, proches, cadre de vie), ainsi que les outils utilisés afin de surmonter la dépression (suivi psychothérapeutique, etc).

Maintenant que l'on comprend mieux ce qu'est une dépression, mais aussi ce qu'elle n'est pas, et que l'on a décrit les signes qui nous permettent de mieux l'identifier, passons à la deuxième partie, celle qui vous décrit comment surmonter une dépression à travers des solutions « maison » que vous pourrez appliquer vous même, et des solutions thérapeutiques.

Voilà, c'est tout pour la première partie de notre dossier spécial dépression ! 

Nous espérons qu'elle vous sera utile et que vous avez trouvé des réponses à vos questions. Pour découvrir la seconde partie de notre dossier spécial dépression, cliquez ici

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